jeudi 16 octobre 2008

Le gang des coccinelles

C'était ce soir. La maison ne ressemblait à rien de connu : nous avions les deux kékés d'Adeline, et nous les avons jusqu'à lundi. Mais rien à voir. L'Irremplaçable, après une journée qui passerait à n'importe quel humain normal l'envie de se reproduire, s'effondre dans le canapé (j'étais déjà moi-même vautré dans mon fauteuil, supportant sans trop de difficultés de considérables décibels suraigus). Bref, nous nous servons un verre (les adultes assommés), et entrouvrant la porte-fenêtre du salon, afin de pouvoir fumer en toute bonne conscience - ce que nous faisons illico.

Dans la minute suivante, entrent dans le salon sept ou huit coccinelles, à ma grande surprise. Dix minutes ensuite, elles étaient douze ou vingt. Bizarre. Une bière ensuite, j'avise, dans le coin du volet (de la porte-fenêtre que, d'ordinaire, nous n'ouvrons jamais) une sorte de grappe de mini-raisins. Me levant, je constate qu'il s'agit en fait d'une colonie de coccinelles : elles sont bien, à touche-touche, cinquante ou soixante.

Pour le coup, en raison du nombre, la sympathique "bête à Bon Dieu", par le nombre, redevient insecte. On se sent, face à l'essaim, dans la situation du puceron des rosiers faisant connaissance avec les mâchoires de la bête cauchemardesque - et on referme la porte-fenêtre.

Personne n'est effrayant s'il est seul : le nombre est tout.

47 commentaires:

  1. Très jolie conclusion... Ce qui est angoissant c'est que vous ne disiez pas ce que, en fin de compte, vous avez fait de toutes ces bestioles. Un carnage de coccinelles ?

    (Je me permets de vous signaler une phrase bancale : "Bref, nous nous servons un verre (les adultes assommés), et entrouvrant la porte-fenêtre du salon, afin de pouvoir fumer en toute bonne conscience - ce que nous faisons illico."... )

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  2. Désolé, très chère, mais, la relisant, je la trouve correcte, moi, cette phrase.

    (Un peu acrobatique, peut-être, mais bon...)

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  3. Ah non !
    Il manque une proposition à mon avis, par exemple : "Bref, nous nous servons un verre (les adultes assommés), et entrouvrant la porte-fenêtre du salon, NOUS SORTONS afin de pouvoir fumer en toute bonne conscience - ce que nous faisons illico.

    Non ?

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  4. Zoridae : pas d'accord : il y a là un gérondif - certes un peu cavalier mais, à mon avis, recevable : on en reparlera. Je vous assure qu'il n'y a rien d'incorrect dans cette phrase.

    (Qu'elle vous déplaise est, bien entendu, autre chose - et tout à fait recevable.)

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  5. Il faudra que vous m'expliquiez en effet... J'ai dû oublier le gérondif !

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  6. Je suis d'accord avec Zoridae, mouhahahaha, gérondif ou pas, la phrase est bancale à la lecture.

    Déjà, nous nous servons un verre, pourquoi préciser qu'il s'agit des adultes assomés puisque c'est nous, l'Irremplaçable et DG.
    Pour être moins bancale (à la lecture, grammaticalement, bon ...), il faudrait ensuite mettre EN entrouvant, et non ET entrouvant, ou alors, si vous laissez ET, il faudrait mettre entrouvons (nous entrouvons).

    Ca serait mieux pour l'oreille de l'oeil, je trouve.

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  7. Ah Audine, pour une fois tu es d'accord avec moi et pas avec Didier :))

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  8. Nous sommes le Gang des anti gérondifs.

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  9. Qui ont la même racine que géronto...

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  10. Voyons Zoridae, Didier ne peut pas sortir s'il ne fait qu'entrouvrir la fenêtre !

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  11. Godnat,

    Excellent, je suis pliée de rire !

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  12. fallait bien une bière pour rassembler ses pensées..

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  13. Pfff...d'accord avec les filles...

    Un peu de simplicité bon sang (bordel). D'ailleurs, pouvez vous vraiment vous servir un verre tout en entrouvrant la porte-fenêtre du salon. Vous avez quatre mains ? Ou vous êtes jongleur professionnel ?

    "Tandis que je nous sers un verre à chacun, l'irremplaçable entrouvre la porte-fenêtre du salon, espérant ainsi nous offrir l'inénarrable plaisir de fumer en toute bonne conscience ; ce que nous faisons illico"

    A mon avis, c'est mieux. Un peu pompeux, mais mieux...

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  14. Consternant : je serais mort, je me retournerais dans ma tombe.

    Pas le billet, qui est excellent - sincèrement, à la limite du surréalisme (j'aime beaucoup mon humour, connaissant votre estime pour le surréalisme), mais pour cette phrase hallucinante qui transperce, comme dirait Audine, le coeur des yeux de mes oreilles !

    J'aurais plutôt mis, pour ma part :

    "Tout à coup, j'entrouve la porte du salon, ainsi que la fenêtre, d'une pierre deux coups si je puis dire, les deux éléments étant uniques s'agissant dans ce cas présent d'une porte-fenêtre, du salon de surcroit, ce qui me donne l'occasion à cet instant précis de nous servir un verre bref ; en tete toute conscience, alors, nous fumons illico, comme des adultes assomés".

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  15. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  16. Oui, Balmeyer, ta version n'est pas mauvaise, mais personnellement, j'aurais plutôt écrit :

    "Le soleil passe son bras par la fenêtre
    Mais moi qui veux fumer pour faire des mirages
    J'allume au feu du jour ma cigarette
    Je ne veux pas travailler je veux fumer"

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  17. Et puis pourquoi l'Irremplaçable aurait envie de se reproduire ?
    Les décibels subaigus proviennent ils du panier du chien ?
    Comment on peut se servir un verre en étant vautré dans le fauteuil ?
    Et pourquoi personne ne pense aux poumons des pauvres bêtes à Bon Dieu enfumées illico ?
    La colonie de coccinelles va t elle invoquer le devoir de mémoire ?
    Pourquoi avoir une porte fenêtre pour ne jamais l'ouvrir d'ordinaire et qu'est ce que l'extraordinaire ?
    Et le nombre est tout, certes, mais tout n'est il pas dans le nombre ?

    'fin, j'dis ça, j'dis rien.
    (spécial Dorham)

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  18. Rassurez nous, les pucerons ne sont pas hallal (halales ?), chez vous ?

    Non, sans dec, j'en veux bien une caisse, de vos bestioles. Et si vous avez des hérissons, je suis preneur, aussi.

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  19. oui c'est vrai elle est nulle cette phrase, moi j'aurais mis :

    Assommés, nous pauvres adultes, nous nous servons un verre, d'une main tremblante.
    Puis, à bout, en manque, nous nous précipitons en rampant, comme un seul homme, vers la porte fenêtre. Là, usant de nos dernières forces, nous l'entrouvrons juste assez pour pouvoir fumer sans avoir la désagréable l'impression de fumiger délibérément notre propre descendance.

    C'est à ce moment qu'un essaim de coccinelles enragées aux ailes en téflon nous charge.

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  20. Quels commentaires !
    Une belle grappe de coccinelles, les pucerons du langage n'ont qu'à bien se tenir !
    :-)))

    [Bref, nous nous servons un verre (les adultes assommés), et entrouvrant la porte-fenêtre du salon, afin de pouvoir fumer en toute bonne conscience - ce que nous faisons illico — Je trouve que le "ce que nous faisons" est inélégant et inutile :
    …et entrouvrons la porte-fenêtre du salon afin de fumer en toute bonne conscience. me semble plus simple et donc plus limpide à la lecture.

    En même temps, c'est vous l'auteur, vous faites comme vous voulez !].

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  21. Bah oui, ici aussi chaque automne vers cette époque, sauf que c'est par centaines qu'elles rentrent pour peu qu'on laisse la porte ouverte, les coccinelles. Ça m'dérange pas pantoute, sauf quand notre tueur armé de la tapette entreprend quelque chose comme un massacre, de 11 ans, et alors faut m'voir enfiler ma tunique de saint François pour sauver un max de ces p'tites bestioles ou bibittes à bon Dieu, car si je suis dur et cruel avec le genre humain, j'ai un formidablement grand cœur s'agissant des animaux (sauf les maringouins et les mouches et les Arabes... pardon : les carabes).

    PS - En hommage à M. Goux, artiste baroque, j'ai quelque peu exprès torturé ma prose, ce qui va faire jaser à Landerneau. Si tu aimes jouer et avoir ben du fonne, corrige le texte de M. Yanka et renvoie-lui-le-la-lalaire à l'adresse suivante : Rogy Aknay, Québec, Canada. Tu recevras peut-être en retour une photo de Stephen Harper dédicacée par Ygor Yangoux ou par Didier Gouska himself en personne. Super, non ?

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  22. Pour les enfants, faites leurs boire quelques gorgées d'alcool, ça les fera taire (voire dormir!)... et ça vaut peut-être le coup de faire pareil avec les coccinelles?
    Courage à l'Irremplaçable!

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  23. Ce matin, à 7 heures moins le quart, il fait 0,5°. Je comprends que les pauvres coccinelles se soient mises à l'abri. Et je rassure tout le monde, elles sont là, elles vont y rester. Ça hiberne, ces bestioles ?
    Le verre était bon, la cigarette aussi, je ne contesterai donc pas la phrase incriminée...

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  24. Bon, si tout le monde est contre moi, je renonce (mais n'en pense pas moins).

    En fait, je pense que je voulais écrire "... et entrouvrons la porte-fenêtre", mais que mes doigts ont ripé. Après, je me suis obstiné, par simple horreur d'avoir tort.

    Voilà : autocritique du matin, chagrin.

    Et puisque c'est comme ça, retour à la modération. Toc.

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  25. Didier,

    Vous n'en avez pas mare des gonzesses qui commentent chez vous ?

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  26. Pour ce qui concerne "la phrase", la seule écriture correcte est :

    "Bordel, j'ai ouvert la lourde pendant que mémère nous versait un godet".

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  27. Pour Zoridae.

    Nicolas : de certaine, principalement.

    Re-Nicolas : vous devriez ouvrir un atelier d'écriture !

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  28. Oui très cher, je suis allée faire mes recherches... Vous auriez donc dû écrire "en entrouvrant"... Au moins !

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  29. Zoridae : dans le lien que je vous ai mis, il est dit que le gérondif se construit la plupart du temps avec "en". Donc, pas toujours. Mais mon "et" était certes assez malencontreux.

    (Et on compte me faire chier longtemps, avec cette histoire ???)

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  30. Un correcteur ça va mais quand il s'agit d'un groupe alors...
    :-)))

    [Je le trouve toujours trop indigeste ce "en" avec le participe présent. Je préfère qu'on le vire systématiquement !].

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  31. La réponse se situe vraisemblablement entre oui et non...

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  32. Zoridae : je l'sais, eh !

    Poireau : systématiquement serait trop dire, mais sinon je suis d'accord avec vous sur ce point.

    Dorham : c'est bien ce que je pensais...

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  33. Çà commence par une grappe de coccinelles et ça finit par une grappe d'éléphants roses.

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  34. Je souhaitais donner mon avis hors gérondif : beau texte, belle fin, belles mâchoires.

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  35. @Poireau : systématiquement ?!
    " Mmh passant par la Lorraine avec mes sabots..."
    Là OUI il manque quelque chose.

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  36. Henri : des éléphants roses après trois bières ? Vous poussez un peu !

    Marie-Georges : grand merci !

    (Mais qu'alliez-vous donc ficher en Lorraine, de surcroit ainsi chaussée ?)

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  37. je tiens immédiatement à me disculper pour ce que vous allez lire tôt ou tard sur mon blog.
    Zoridae m'a forcée. (sinon, je devais lire trois Alexandre Jardin et faire des fiches de lecture, vous comprenez ? )

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  38. Nefisa : ma réponse est DÉJÀ chez vous...

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  39. Ne me remerciez pas, je vous assène aussi un coup fumant sur mon blog...

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  40. zoridae : on fait ce qu'on peut !

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  41. Avec tout ça on ne sait toujours pas ce qu'il est advenu de la grappe de coccinelle.

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  42. La grappe de coccinelles va évidemment être choyée tout l'hiver...

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  43. Nicolas me convie à cette cultivée assemblée de blogueurs et gueuses, merci.
    Or moi,
    par inadvertance ou inculture, j'ai cru lire, sans blague, "le membre est tout"...
    y'a une faute ou suis-je hors sujet?
    Si je suis hors, une des aimables et cultivée commentatrice,
    peut sans doute me mettre dedans,
    peut-être ?

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