mardi 7 octobre 2008

Ça ne va pas plaire à Dieudonné...

Quand les Africains commencent à se pencher enfin, et sérieusement, sur le passé de leur continent, les dents se mettent à grincer dans les si charmantes petites rues de Saint-Germain-des-Prés. John Alembillah Azumah est un historien ghanéen, spécialiste de l'Afrique et de l'islam. Un jour, il a décidé de consacrer ses recherches à l'esclavage et aux traites ; à toutes les traites. Il en a tiré un livre, dont il parle ici. Son intervention dure sept minutes, elle est vraiment à écouter jusqu'au bout. Parce qu'il est temps.

14 commentaires:

  1. J'avais lu (où?) un article sur cet historien mais ce lien est excellent, à diffuser sans modération ! J'ai déjà commencé auprès de collègues auto-couverts de cendres, d'obédience ...
    Espérons que John Azumah ne bénéficiera pas d'une fatwah, vu la marge de tolérance habituelle ...
    Merci encore cher Didier.

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  2. Voilà un homme courageux ! Ça ne va pas plaire à tout le monde.

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  3. Zut, pas le droit d'accès au cdi !
    Je reviendrais...
    :-)

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  4. On sait également qu'en Afrique de l'ouest on pouvait en acheter à certains "rois" locaux, qui vendaient ainsi leur peuple. Mais n'étant pas historienne, je ne peux avancer de référence : c'est une chose que j'ai apprise il y a des années.
    Malheureusement, (je parle de John Azuma) au lieu de calmer les esprits, cette vérité historique risque fort d'allumer de nouveaux foyers de discorde. En outre, l'esclavage contemporain dont il est question ici est de notoriété publique - et très mollement interdit. Ce n'est pas une révélation.
    Si l'Histoire trouve son compte à cette mise au point, je me demande à qui elle va réellement profiter : dans les temps que nous vivons, l'Islam est trop facilement associé au terrorisme.
    Dans cette perspective, il reste, à mon avis d'ignorante, à vérifier les sources de l'historien. Je sais (Tibet/Chine) qu'on peut faire dire à l'Histoire ce qu'on veut, tant que les arguments reposent sur des mots et des faits qui n'ont pas le même sens selon les sociétés qui l'emploient.
    Bien sûr, l'esclavage est une horreur, celui des enfants aux métiers à tisser en Inde ou ailleurs, celui des "sans papiers" à la merci d'un patron sans scrupule (il y en a aussi en Chine), celui des marchés juteux du grand et du "petit" banditisme (le commerce mondial d'êtres humains).
    On n'en a pas fini avec l'esclavage. Inutile d'allumer un brûlot, il y a encore beaucoup à faire.

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  5. Vous allez me fâcher le Tonnegrande !

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  6. J'ai appelé un de mes amis historien qui a confirmé la teneur des propos de John Azumah. Il a ajouté : " Cette traite négrière a toujours existé. Aucun historien ne l'ignore. Elle se perd dans la nuit des temps, difficile de chiffrer.". Il a ajouté que "La traite négrière" est, s'il se souvient bien, le titre d'un manuel enseigné en classe de 4ème de Côte d'Ivoire dans les années 80 et qui abordait les deux traites, l'occidentale et l'arabe.
    Livingstone (pasteur) luttait déjà contre cette traite, c'est pourquoi, quand il est mort, les noirs ont renvoyé le corps mais gardé le coeur.

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  7. Je suis ahurie! Ça me paraît vraiment énorme! Je n'en avais jamais entendu parlé avant ce soir. Mon esprit prudent -aussi étonnant que ça puisse paraître, ça m'arrive parfois- serait intéressé par plus d'informations, de sources différentes. Sans remettre en doute le travail de ce monsieur, j'ai toujours un peu de mal à tout gober au premier coup d'oeil...
    Mais affaire à suivre assurément, avec intérêt!

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  8. Pluton : il prend certains risques, en effet.

    Catherine : probable, en effet;

    Mifa : bien entendu que tout cela était déjà connu. Mais je trouve très sain que, depuis quelques années, ce soit les Africains eux-mêmes qui, sortant de la pleurnicherie post-colonialiste, prennent en main leur passé et le regarde bien en face.

    D'autre part, il ne s'agit pas, je crois, de savoir à qui l'Histoire va "profiter" : il s'agit de savoir, d'essayer de savoir, où se trouve la vérité.

    Les sources de cet historien doivent être facilement vérifiables dans la mesure où il n'est pas le premier (y compris en Afrique même) à les utiliser.

    Enfin - désolé de vous le dire -, dans la deuxième partie de votre commentaire, vous tombez le masque, tentant désespérément de noyer le poisson, en émettant des doutes sur le sérieux de cet historien (que l'on peut bien sûr mettre en doute, on le doit même), en rameutant le Tibet, puis les "sans papiers" (clandestins, en langage courant), alors que vous savez très bien que tout cela n'a rien à voir. Pour mémoire :

    1) Un esclave est un homme que l'on a arraché de force à son pays, sa terre, son mode de vie, etc., pour l'emmener faire une bête de somme ailleurs.

    2) Un clandestin est un homme qui, en toute connaissance de cause, s'est introduit en fraude dans un pays qui n'est pas le sien afin de bénéficier des conditions de vie qui y prévalent.

    On peut parfaitement comprendre la logique de ces clandestins, il va de soit. Mais les assimiler à des esclaves relève soit de l'aveuglement partisan, soit de la malhonnêteté intellectuelle.

    Enfin, votre dernière phrase dit tout : "inutile d'allumer un brûlot". Donc, si je vous suis, de même que d'après Sartre il ne fallait pas désespérer Billancourt, nous ne devons pas risquer de fâcher nos amis africains avec nos amis arabes, c'est bien ça ?

    A la place, continuons de battre notre coulpe pour notre propre participation à l'esclavage africain (qui n'est évidemment en rien excusable sur le plan moral qui est le nôtre aujourd'hui).

    Et que les historiens africains ferment pudiquement les yeux sur leurs histoire et aillent faire leurs dévotions à je ne sais quel moine tibétain. Les vaches sacrées continueront d'être bien gardées.

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  9. Nicolas : Tonnégrande est largement assez intelligent et lucide pour comprendre (et sans doute déjà savoir) ce qui est dit ici.

    Anonyme : dès que vous vous identifiez, je vous réponds.

    Mademoiselle Ciguë : ceci n'a rien d'une nouveauté. De nombreux (de plus en plus nombreux) historiens ont étudié l'esclavage, la traite africaine. Ce qui est bien, c'est que, de plus en plus en plus, les intellectuels d'Afrique (pas seulement les historiens) sortent de la déploration (qui est une autre forme du colonialisme) pour regarder et juger leur propre histoire en face : c'est ce qui peut leur arriver de mieux, même si, au moins dans un premier temps, cela s'avère douloureux.

    Laissez-moi le temps et je vous les trouverai, les "autres sources" que vous réclamez (à juste titre). Mais si la presse française faisait un travail d'information et non du bâillonnage idéologique, elles seraient d'ores et déjà à votre disposition. Et depuis un certain nombre d'années.

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  10. "Enfin - désolé de vous le dire -, dans la deuxième partie de votre commentaire, vous tombez le masque, tentant désespérément de noyer le poisson, en émettant des doutes sur le sérieux de cet historien (que l'on peut bien sûr mettre en doute, on le doit même), en rameutant le Tibet, puis les "sans papiers" (clandestins, en langage courant), alors que vous savez très bien que tout cela n'a rien à voir."
    (Je ne sais comment mon second commentaire est signé anonyme - distraction ou fausse manoeuvre - mais je ne pratique pas le trollisme, pour autant que ce vilain mot existe - et c'est bien moi qui ai parlé à un ami historien)
    Que mon raisonnement soit nébuleux, c'est bien possible. Je ne suis pas Dieu le Père, je n'ai pas les réponses. Je rapproche des faits sans rapport apparent pour, peut-être, en avoir quelques-unes. Et rarement sur votre blog, pas plus que sur le mien. Je retourne à mes poissons et à mes masques, bonne nuit.

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  11. Lorsque vous visitez les forts d'El Mina au Ghana, et contrairement à l'île de Gorée dont la visite est pervertie par le discours du gouverneur local, on ne vous dit pas autre chose que ce que dit cette vidéo.

    Merci pour ce lien Didier.

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  12. Didier, vous faites semblant dans cette note de découvrir une des lignes de défense les plus classiques de la période coloniale. Cela ne m'étonne pas, ayant lu sous votre plume une apologie pathétique du racisme ordinaire.

    Je me sens obligé de vous rappeler que la traite d'esclave organisée par l'Europe fut une atrocité absolue, sans équivalent dans l'histoire .

    Voir :
    http://www.monde-diplomatique.fr/2007/11/DORIGNY/15328

    Une meilleure référence, malheureusement accessible sur papier uniquement :
    http://www.monde-diplomatique.fr/2007/11/A/15365

    Extrait (un peu mou, mais la substance est là) de la première référence :
    "Il ne faut cependant pas diluer ce qui fit la spécificité de la traite coloniale : d’abord sa racialisation initiale, puis son organisation administrative par des Etats puissants qui avaient proclamé l’interdiction de l’esclavage sur leur propre sol, tant en Angleterre qu’en France, enfin, l’ampleur même du prélèvement humain opéré au détriment de l’Afrique, littéralement vidée de ses forces vives."

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