lundi 20 octobre 2008

On s'en remet une couche (de crépi)

À Nicolas...


« Parmi les plus beaux crépis qu’on puisse voir en France — ou qu’on ait pu voir, car il font l’objet d’un massacre systématique, et ils disparaissent les uns après les autres — sont ceux de la Gascogne, qui se distinguent entre tous par la richesse de leur matière, par le génie qu’elle a pour accrocher la lumière et pour se mélanger à elle, par la profondeur et le velouté de leurs ocres. Les épais crépis des anciennes façades de Gascogne, c’est vraiment de la terre qui monte au ciel, tant leur tonalité chaleureuse et leur substance vibrante fait heureusement la liaison entre le sol de ce pays, ses champs, ses sillons, ses cultures, ses chemins, et l’atmosphère changeante de ses hauteurs, de ses lointains. »

(Mêmes auteur et origine que le précédent texte sur le sujet...)

31 commentaires:

  1. Je vais en parler au Vieux Jacques, surnommé le dé crépi.

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  2. Il y a aussi la crépinette, bien plus belle encore, qui ne recouvre pas la pierre mais le cochon, elle se dépose, assez facilement, avec un verre de vin rouge, toutefois.

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  3. Merci Didier d'avoir mis ces textes de R.C. sur votre blog.
    J'aimerai que les lecteurs de "gauche" ne soient plus victimes de leur idéologie quand ils lisent un texte.

    Anna R.

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  4. Anna,

    Quel rapport avec l'idéologie ?

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  5. Henri : il faudrait suggérer à Camus de se pencher sur le cas de la crépinette, en effet. Je m'en occupe...

    Anna : sans chercher à tout prix à être d'accord avec Nicolas, je vois mal, moi aussi, le rapport entre crépi et idéologie...

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  6. Chers Nicolas et Didier,
    je bas en retraite (j'ai intérêt devant deux baraqués pareils), je signalais l'embrumement par l'idéologie au sujet du silence qui entoure les livres de R.C. ; le crépi tout seul en rapport avec l'idéologie, cela ne veut rien dire, (vous vous gaussez de moi, n'est-ce-pas) mais tout ce qu'il (R.C.) en a dit est irréfutable (je signale qu'il a dans sa bibliothèque (petite visite à Plieux le mois d'août dernier sous la houlette de Mme Lloan), un énorme livre sur l'architecture.)) Je crois bien qu'on peut lui faire confiance, ce qu'il écrit dans son style léger et moqueur est étayé solidement.
    Expliquez-moi pourquoi cher Nicolas, vous avez écrit d'abord : je suis d'accord avec R.C., et après une explication d'un autre commentateur : Ah non finalement non, et d'ailleurs ça m'étonnait aussi que je sois d'accord avec lui.
    Il était bien question des crépis, justement, non ?
    Vous le lisez avec réticence comme si vous vous salissiez les yeux, cela me fait mal excusez-moi.

    Anna R.

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  7. Didier: je le crois bien le voir, moi.
    La pierre apparente, c'est une mode. On plaque de la fausse pierre sur le béton, on décrépit les murs anciens, on met des fausses poutres, des charrettes croulant sous les géraniums, une piscine bleue, une véranda...on massacre le paysage. Qui ça, on ? Le peuple, le petit retraité, le peuple-petite bourgeoisie. Tous ces gens qui ne comptent pas, qui ne devraient pas compter, qui devraient rester à leur place (la plus discrète et soumise possible). Rien de bon ne saurait venir du peuple, dit Renaud Camus. Rien, sinon ce qui s'en détache, ce qui s'en élève.
    C'est très embêtant pour les gens de gauche d'admettre que le peuple a des goûts de chiotte en matière d'habitat. Pavillon, pelouse, nains de jardin et grille louis XlV, ce n'est pas beau du tout. Ne pas émettre de jugement de valeur qui serait une trahison politique et un coup de pied à son père si l'on est issu d'un milieu ouvrier. C'est gênant, quoi.

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  8. "C'est très embêtant pour les gens de gauche d'admettre que le peuple a des goûts de chiotte en matière d'habitat."

    Ça commence à devenir intéressant quand Suzette se lâche !!!

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  9. Anna,

    Vous vous compliquez trop les neurones ! Je suis généralement assez peu d'accord avec les types qui ne sont visiblement pas des gauchistes, donc je faisais une boutade sur le fait d'avoir été d'accord avec RC.

    Ca m'a encore fait plus rire quand j'ai compris ensuite que si j'étais d'accord avec lui sur le thème des crépis, c'est que j'avais compris ses propos de travers !

    Je ne lis jamais "avec réticence" (sauf quand c'est mal écrit) et je crois que vous vous trompez. Par exemple, je discute souvent avec Didier (et pas toujours à jeun), nous sommes en opposition sur certains sujets et d'accord sur d'autres : ce n'est pas bien grave.

    Néanmoins, je vais remettre une couche de crépi pour faire honneur au titre de ce billet. RC et moi ne parlons pas des mêmes maisons, j'évoquais moi les maisons en pierre des campagnes Bretonnes tout en pensant aussi à certaines maisons cévennoles (comme le mas de mon ami Luc.

    Je pense que si RC se promenait aux environs de ce mas, il trouverait grotesque l'idée de le couvrir de crépi comme moi, je trouverais grotesque de virer le crépi sur des baraques conçues pour en être recouvert.

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  10. Suzanne,

    Votre commentaire mérite la une de mon blog. Dont acte.

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  11. Mauricette:pourquoi "se lâche"?

    Je parle du livre de R.Camus que vous pouvez lire en ligne (cliquez sur les liens plus haut, livre très politique.

    Je réponds aussi à Nicolas qui dit "je ne veux pas intellectualiser" et à Didier, sur "quel rapport entre crépi et idéologie".

    Je sais que c'est très très très mal de dire du mal des gens qui mettent des fausses ruines dans leur jardin, ou de ceux qui tronçonnent les chênes. C'est bobo, c'est facho.

    En fait, je m'en fiche.
    J'aime beaucoup lire Camus, mais je ne suis pas d'accord avec les trois quarts de ses idées, à chacun ses contradictions. Je ne caillasse pas les nains de jardin, je n'aime pas qu'on se moque des "congés payés", et en même temps je déteste les univers pavillonnaires. J'aime beaucoup les jardins ouvriers, les cabanons de pêcheurs. Et je déteste par dessus tout les professeurs de bien-penser.

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  12. Suzanne,

    "Je sais que c'est très très très mal de dire du mal des gens qui mettent des fausses ruines dans leur jardin, ou de ceux qui tronçonnent les chênes"

    Non ! Ce qu'il y a de "mal" c'est d'écrire (plus ou moins) que seul le peuple à des goûts de chiottes et de penser que vous ne faites pas partie du peuple...

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  13. Oh, si vous voulez, Nicolas.
    C'est bizarre qu'on n'arrive pas à s'entendre sur cette question de crépi, je me demande quel est l'enjeu de ce malentendu, s'il n'est pas, justement, idéologique, ou du domaine du non-dit, du ce-qu'il-ne-faut-jamais-dire.

    Vous ne voulez pas lire ce livre de R.Camus, donc, vous ne pouvez pas comprendre que dans ce commentaire sur "les gouts de chiotte du peuple", je ne fais que transcrire ce qu'il écrit , lui, poliment, finement,drolement, impitoyablement. Ou alors, c'est moi qui me trompe, mais j'aimerais bien en discuter avec des gens qui l'ont lu.

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  14. Nicolas: oui mais voilà, je n'ai pas écrit du tout que SEUL le peuple a des goûts de chiotte.

    Faire partie du peuple ? Bah oui, de par mes origines, mon niveau scolaire, je fais partie du sous-peuple, même, si vous voulez. Je ne parle pas du peuple tout entier, hein. Pas du Peuple.

    C'est bien ce que je disais, en fait: faut pas critiquer les poutres apparentes, les nains de jardin, parce que c'est critiquer l'ouvrier français, et ça c'est mal.

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  15. Suzanne,

    Mais on s'entend très bien sur le crépi : chaque région, chaque maison doit être étudiée au cas par cas (voir mon commentaire à Anna).

    Je trouve absolument génial que Didier arrive à nous faire débattre sur le crépi dans deux billets consécutifs...

    Désolé, je n'ai pas lu le livre de Camus mais si ce que vous dites est vrai, qu'il oppose le "peuple" à heu... des "élus" (?), je n'ai pas envie de le lire... On peut opposer les "riches" et les "pauvres", les "éduqués" et les "autres", les "paysans" et les "bourgeois du huitième", les "ouvriers" et les "patrons", les "fermiers" et les "chatelains" mais uniquement pour ce qu'ils sont.

    Pas "le peuple" et heu...

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  16. Chère Suzanne,
    vous voulez discuter de ce livre (ou d'un autre ? ) je ne demande pas mieux.

    Anna R.

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  17. Ça marche fort, les histoires de crépi ! Comme quoi on aurait tort de se casser la tête à essayer de faire des billets intelligents...

    Je dirai simplement (à Nicolas principalement), que Camus parle très peu du peuple, en tant que tel, et jamais en mal. Ce qui est dans son collimateur, c'est la petite-bourgeoisie qui, d'après lui, tend à devenir planétaire, hégémonique, et à s'étendre à toutes les classes de la société.

    A propos des riches, il n'est pas beaucoup plus tendre, puisque, dans son introduction à "Comment massacrer...", il affirme que pour enlaidir et massacrer une maison de campagne, c'est mieux d'voir de gros moyens : cela permet de frapper plus fort et plus vite (piscine, court de tennis, etc.) !

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  18. Didier: oui. Mais l'idéologie dominante étant celle de la classe dominante...

    Emma: merci beaucoup. Il me semble que c'est ce qu'on vient de faire, au moins un peu, et que ça ne s'est pas très bien passé.
    Je lis R.Camus en étant d'accord avec lui sur beaucoup de ses constats, mais pas avec les solutions qu'il préconise. Certains de ses chevaux de bataille ne m'emballent pas outre mesure, mais je ne raterai pas un tome de son Journal.
    C'est sans doute moi qui m'y prends très mal en parlant de la lecture que j'en ai, du plaisir de lecture qu'il me procure.

    Bon, j'ai un coup de blues, je suis fatiguée, à plus tard....

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  19. Quoiqu'on fasse chez soi, il y a toujours un voisin irascible ou aigri pour en faire un commentaire quelconque un dimanche après-midi en discutant avec Tata Jacqueline qui, un peu sourde et très polie, se contente d'aquiescer !
    Je réclame le droit d'aménager son chez soi comme on l'entend, en dehors de tout risque de classification sociale !
    :-)))

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  20. Nicolas,
    Un immense merci pour ce lien vers les Cévennes ! C'est une adresse que je vais retenir.

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  21. Tiens, mon commentaire a disparu !
    Bon, je recommence en disant un immsense merci à Nicolas pour son lien sur ce mas des Cévennes. J'ajoutais que c'est une adresse que je retiendrai.

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  22. Blogger fait des siennes : Nicolas a laissé un commentaire pour lequel on ne me demande ni de le publier, ni de le modérer, ni de le refuser. Et qui n'apparaît nulle part, hors ma boîte mail. Afin que ce gros paranoïaque frisé ne puisse me taxer de censuyre, voici ce qu'il disait :

    « Suzanne,

    "Je sais que c'est très très très mal de dire du mal des gens qui mettent des fausses ruines dans leur jardin, ou de ceux qui tronçonnent les chênes"

    Non ! Ce qu'il y a de "mal" c'est d'écrire (plus ou moins) que seul le peuple à des goûts de chiottes et de penser que vous ne faites pas partie du peuple... »

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  23. Didier,

    Mais non, il y est un peu plus haut le commentaire de Nicolas !

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  24. Moi aussi je trouve ça assez génial ce débat sur le crépi !

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  25. J'aurais un blog, moi, eh bien pas de problème : je laisserais tous les commentaires apparaître (s'il y en a, parce que je me demande ce que je pourrais bien écrire de passionnant... ) . Et ensuite, tel un empereur romain je les passerais en revue et couic ! clic ! je vire tous ceux qui me cassent les pieds. C'est pas un beau programme ?
    Les gens qui râlent, je ne leur réponds même pas, non mais.

    Anna R.

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  26. Didier,

    C'est compliqué les commentaires chez vous.

    Les autres (et vous aussi), allez donc visiter mon copain Luc !

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  27. Zoridae: eh bien, il continue (et s'achève) sur l'air de "on n'a pas encore décapité tous les ennemis du peuple" sur le blog vigilant de gauche de Nicolas.

    Je n'allais pas sur les blogs vigilants de gauche, ni à-vigiler de droite.

    J'apprécie la liberté d'écrire sur celui-ci, pour qui qu'on soit.

    Suzanne

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  28. Gasconne je suis et j'adhère ...

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