dimanche 17 mai 2009

Restons optimistes en attendant la mort

« Tout ce que je puis écrire est inutile, surtout si c'est la vérité. La lucidité de Constantin Léontieff n'a pas empêché la Russie de sombrer ; la justesse des fureurs de Flaubert et des mépris de Baudelaire n'a d'aucune façon retardé le triomphe de ce qu'ils dénonçaient. Tout ce que j'aime sera détruit, tout s'abîmera dans le néant. L'évolution des choses est sans remède, et je sais le dérisoire de mes nostalgies, et de mes espérances. Le monde va devenir chaque jour plus bête, plus laid et plus dur. Le décervelage des peuples par la télévision, le massacre de la nature par les industries, l'usage généralisé de la torture par les polices, l'empire grandissant des idéologies froides sont des processus irréversibles, et qui ne trompent pas. L'avenir va être atroce. »

Gabriel Matzneff, préface aux Passions schismatiques (1977), éditions Léo Scheer, p. 108.

21 commentaires:

  1. Heureusement que je me bonifie, on est sauvés !

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  2. Lucide oui ! Et on va "war" ce qu'on va "war"... En fin pas nous, je l'espère. Tiens, un petit pastis serait le bienvenu. J'y cours...

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  3. Dorham : parlez pour vous !

    Pluton : c'est pas un tout petit peu tôt ? Enfin, c'que j'en dis, hein...

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  4. Ouf, je ne serai plus là pour voir ça !

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  5. Oui, c'est côté consolant de l'affaire !

    A moins que la dégringolade ne s'accélère vraiment...

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  6. Didier, vous savez, les lendemains de gardes de m.... excusent tout, y compris le décalage horaire.

    Bon dimanche à vous deux.

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  7. Il restera toujours le pont de Tancarville...

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  8. Un p'tit Prozac et au lit !
    :-))

    [Dans ce sens, tout est vain de toute manière !].

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  9. la passion... schismatique, ne l'oublie pas. Et donc, personne plus que lui ne sait cueillir le jour... et goûter ses mille saveurs. Bonne nuit, (bonnet de nuit ?).

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  10. Pour le rester, encore faut-il l'être.

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  11. Il y avait un écrivain de la fin du du 19ème siècle et du début du 20ème qui s'appelait Joseph Peladan et se ridiculisait en se faisant appeler le Sar Peladan (on dirait du Pierre Dac) et en lançant des prophéties grotesques d'où il ressortait qu'il voulait extirper la laideur du monde moderne.

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  12. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  13. Gabriel Matzneff dispose d'un avantage certain. Il ne salira pas d'un cheveux le canon de son magnum 357, au tout dernier moment. D'un point de vue esthétique, c'est parfait.

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  14. Comment ce qui est aussi imprévisible et chaotique que l'avenir peut-il être atroce ?
    Il sera, c'est tout (et ce nest pas mal en fait) Les adjectifs sont pour le passé (et encore faut-il être très qualifié pour qualifier !) Quant au présent, je le préfère simple plutôt que subjonctif.
    Mais bon, les Goux et ...

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  15. Ben voilà qui ne va pas m'empêcher de danser et de rire... pour ne pas m'affaisser et pleurer à chaudes larmes.

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  16. Matzneff est dérangeant par certains côtés (en quoi il n'est pas le seul), mais quel écrivain! Grâce à quoi ce pessimisme altier me décourage moins que celui d'un Cioran.

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  17. Ah, parce que vous trouvez que Cioran n'est pas un écrivain de race ?

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  18. Aïe! phrase mal foutue… Non, ce n'était pas un jugement de valeur sous-entendu. Simplement, chez Cioran la pilule du désespoir râpe davantage…

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  19. "...Le décervelage des peuples par la télévision, le massacre de la nature par les industries, l'usage généralisé de la torture par les polices, l'empire grandissant des idéologies froides sont des processus irréversibles..."

    Intéressant, et pour le coup, universel. Je trouve ça curieux que certaines problématiques, comment dire... écologistes soient parfois absentes des discours, comment dire... réactionnaires.

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  20. Balmeyer : absentes des discours de droite (et principalement de droite libérale), c'est sûr. Les réactionnaires, c'est autre chose. Camus (le lien...), pour revenir à lui, ne cesse de gémir sur ce qu'il appelle la banlocalisation (ou le "devenir-banlieue") du monde actuel. Sur le règne absolu de la laideur, la destruction systématique des paysages, etc. Et il est loin d'être le seul.

    Le problème, pour les progressistes-humanistes (et de tous bords politiques, là), c'est que leur discours devient rapidement naudibles, puisqu'ils le lient le plus souvent à la dangereuse prolifération de l'espèce humaine. Et s'il y a un discours qui n'est pas populaire, c'est bien celui qui prône une drastique dénatalité.

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