S'il est une occasion privilégiée pour toucher du doigt l'infinie misère des pauvres, c'est bien lorsqu'on décide de passer deux jours dans un hôtel auquel leurs moyens dérisoires ne leur permettent pas d'accéder – Dieu merci. Entouré de gens possédant tellement de cartes de crédit gold qu'ils en deviennent beaux, on peut, là, savourer toute une ribambelle de micro-luxes dont les pue-la-sueur ne sauraient seulement avoir l'idée, sauf s'ils travaillent dans les dits hôtels en tant que femmes de ménage. C'est ainsi que, à Audrieu, je n'ai pas été long à m'aviser que tous les WC du château étaient équipés d'un abattant et d'une lunette (jusque-là, on demeure dans un égalitarisme de bon aloi) munis d'une sorte de petit vérin invisible leur permettant, après une impulsion humain initiale, de se rabattre tout en douceur sur leur réceptacle naturel, et sans rien demander à personne. Le concept de lutte des classes m'a alors sauté au visage dans toute sa sauvagerie primitive. Alors que les pauvres, avant de quitter leur casemate malodorante doivent se courber – autant dire : s'humilier – pour accompagner jusqu'au bout lunette et rabattant (à la peinture probablement jaunie et écaillée) afin d'éviter le fracas et les fêlures résultant d'une fermeture trop brutale, l'homme aux cartes gold peut se contenter d'un geste nonchalant de l'index ou du majeur, et quitter son mini-palais de marbre véritable avec le sourire mi-satisfait, mi-rêveur de celui qui sait que, dans son dos, le double couvercle est occupé à se rabattre lentement, dans un silence respectueux des pensées qu'a fait naître en lui une défécation parfaitement réussie. Voilà un plaisir dont il est si difficile de se passer que, si je m'étais écouté, je serais bien aller pisser quatre fois par heure ; et, le matin, c'est avec un entrain inconnu que je jaillissais du lit, impatient de retrouver cet admirable serviteur, accueillant et feutré.
C'est pourquoi j'ai vraiment du mal à comprendre quel prurit de dénigrement a saisi Catherine, pour lui faire décréter du ton le plus péremptoire que c'était là “l'invention la plus stupide du siècle”. On était, en cette minute, à la limite du blasphème.
En bonus, histoire de fidéliser le chaland, le très attendu (et vaguement oublié…) Journal d'avril.
En bonus, histoire de fidéliser le chaland, le très attendu (et vaguement oublié…) Journal d'avril.
Et, comme chacun sait : une défécation bien menée vaut mieux qu'un coït fortuit !
RépondreSupprimerSi vous n'étiez pas occupé à jouer avec des gadgets inutiles et à en faire des billets progressistes, vous n'auriez pas oublié de publier le journal du mois.
RépondreSupprimerCatherine a bien raison.
Damned ! C'est pourtant vrai que j'ai oublié !
SupprimerJ'y cours, j'y vole…
Voilà certes une bien belle invention. Mais pour les amis des animaux il y a mieux.
RépondreSupprimerComme dirait Séguéla, si, à cinquante ans, vous payez encore vous-même votre hôtel de luxe au lieu de vous le faire offrir par une grosse boîte, c'est que vous êtes un raté.
RépondreSupprimerVos problèmes informatiques sont peu de chose par rapport à l'exploit que j'ai réalisé la semaine dernière : installer moi-même un décodeur télé d'un nouveau modèle, avec des montages de câbles différents. Et bien, je peux affirmer que ce que j'ai fait, aucune bête ne l'aurait fait- et qu'elle aurait même refusé de le faire.
RépondreSupprimerJe confirme que je n'aurais même pas essayé…
SupprimerPour équiper votre humble demeure avec des abattants frein de chute, car telle est leur appellation, il vous en coûtera environ 25 euros chez La reine Merline ou chez Pastorama. De quoi pêter plus haut que son cul ou plus si affinité.
RépondreSupprimer25 euros seulement ??? Mais vous cassez complètement la magie du truc, là !
SupprimerEn tout cas, je suis ravi d'en apprendre le nom, plutôt bien trouvé.
Ces freins sont une bonne invention, j'en ai d'ailleurs depuis peu chez moi dans une salle d'eau que j'ai fait refaire, le piège est qu'on oublie que les autres n'en n'ont pas.
RépondreSupprimerLe flexible à gauche de la cuvette m'intrigue ainsi que la sorte de sterput à droite.
C'était un combiné WC/douche à l'italienne ? Trop fart !
Je ne sais : j'ai pris la photo sur internet…
SupprimerC'est une douchette très prisée des utilisateurs musulmans, entre autres. Il y en a couramment dans tous les pays musulmans.
SupprimerCette révélation rend en effet tout le dispositif un peu plus banal...
RépondreSupprimerOui, c'est bien triste.
SupprimerVous ne pouvez pas ignorer que le même genre de discrimination touche les couvercles de clavier de piano. Les avis sont plus partagés, à cause de la disparition de la plaisanterie qui consiste à rabattre le couvercle sans avertissement. Affaire à suivre, donc.
RépondreSupprimerMais si, je l'ignorais totalement ! Il faut dire que, les pianos et moi, on se fréquente assez peu.
SupprimerAh! tiens Jazzzman. Justement, j'ai rêvé de vous, ce devait être prémonitoire...
SupprimerD'ailleurs j'aimerais vous voir plus souvent laisser d'affreux aphorismes sur mon blog !
A vous lire, Jazzman, j'imaginais un nain à qui l'on ferait la farce que vous décrivez avec une lunette sans frein de chute ; je n'y avais jamais pensé auparavant. Voilà qui est fait, grâce à vous !
SupprimerAlors là je trouve que le système du frein adapté au couvercle de clavier c'est g é n i à l !!!
SupprimerOh pas pour les adultes, mais pour les enfants qui n'ont pas toujours le réflexe de tenir fermement cette partie du piano, et qui le laissent se vautrer sur leurs petits doigts graciles, avec un bruit d'outre-tombe.
De profondis clavietibus
Hélène dici
Vous imaginez la vie d'angoisses qu'a eue Michel Petrucciani...
SupprimerPendant que j'y suis, cette histoire de pianiste nain m'a rappelé la Sale Blague de Vuillemin, celle du type qui avait un pianiste de 25 cm.
SupprimerLa bonne fée était un peu dure d'oreille.
En profiter pour placer celle de l'entomologiste qui avait une grosse mite.
Ces histoires nous sont racontées par quelques types qui sont en pleine partie de billard chez l'un d'eux, un dimanche après-midi.
SupprimerUn gars à l'allure de trader franco-londonien lance alors :
- Excusez ma franchise, mais en entendant ces histoires minables je ne peux que me désoler. Des types qui ont la chance de voir leur voeux se réaliser et qui ne pensent qu'à la taille de leur queue (terme technique du jeu de billard).
Alors qu'il aurait suffi de demander simplement un gros tas de pognon. Par exemple, un millard.
Le maître de maison intervient alors :
- Parce que tu crois que j'ai demandé un billard ?
moi, c'est en inde que j'ai trouvé des chiottes vraiment impec
RépondreSupprimeravec petit broc et tuyau d'eau basse pression pour se laver ensuite
et à barcelone aussi
faudrait que j'aille au japon, paraît qu'y a des jets d'eau automatisés et aussi des jets d'air chaud pour sécher le corps du délit
https://www.amazon.fr/Comment-chier-dans-bois-environnementale/dp/2913031161
RépondreSupprimerVoilà qui devrait amoindrir le calvaire des sans dents ....
Merci Didier pour ce Journal d'avril.
RépondreSupprimerJe l'attendais avec impatience. Je partage votre désarroi au sujet de votre fidèle Bergotte...
Je note votre scepticisme au sujet de la "réconciliation" Vallet-Camus avec un certain sourire, car celui-ci s'est ému de constater que sur Facebook Jérôme me parlait à nouveau.
Sait-on jamais ce qui se passe dans la tête des gens, même celle d'un grand écrivain.
Bien sûr qu'on sait ce qui se passe dans la tête de certains grands écrivains, puisque Didier Goux publie son journal tous les mois
SupprimerC'est vrai, où avais-je la tête !
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